Énergies renouvelables
Programme NOOR au Maroc : comprendre NOOR Atlas et les centrales photovoltaïques

Programme NOOR au Maroc : de quoi parle-t-on exactement ?
Quand on lit « une centrale NOOR » dans l’actualité, on pense souvent au grand complexe d’Ouarzazate. Pourtant, NOOR n’est pas un site unique : c’est un label qui regroupe plusieurs programmes solaires, portés à différentes périodes, avec des technologies et des montages parfois distincts. Pour comprendre NOOR Atlas (et ce que change l’arrivée de nouveaux contractants comme Eiffage), il faut d’abord clarifier les mots, les acteurs et les logiques de développement.
Le “label NOOR” : une famille de programmes, pas un seul projet
NOOR renvoie à des programmes marocains de production d’électricité solaire (et, plus largement, à des projets associés à une stratégie nationale de transition énergétique). Selon les périodes et les volets, on retrouve notamment :
- NOOR Ouarzazate : un complexe historique, emblématique, qui a beaucoup médiatisé le solaire marocain.
- NOOR PV / NOOR Atlas : des centrales photovoltaïques, souvent pensées en “multi-sites”, c’est-à-dire plusieurs centrales de taille moyenne réparties sur différentes zones.
- Des phases et déclinaisons (ex. “PV II”, “phase 1”, etc.) qui décrivent surtout un périmètre, une tranche de puissance et un calendrier d’appels d’offres.
La confusion fréquente vient du fait que le mot « centrale solaire » ne précise pas la technologie. Or, les impacts (production à la nuit tombée, besoins en eau, contraintes réseau, coûts, délais) ne sont pas les mêmes selon qu’on parle de photovoltaïque ou de solaire à concentration.
Différence clé : CSP (solaire à concentration) vs PV (photovoltaïque)
Deux grandes familles existent dans le solaire de grande puissance :
- Photovoltaïque (PV) : des panneaux transforment directement la lumière en électricité. C’est aujourd’hui la technologie la plus rapide à déployer et généralement la plus compétitive à l’investissement pour produire en journée. En contrepartie, la production baisse fortement le soir et varie avec la météo.
- CSP (Concentrated Solar Power, solaire thermodynamique à concentration) : des miroirs concentrent le rayonnement pour produire de la chaleur, convertie ensuite en électricité. L’intérêt majeur est la possibilité d’ajouter un stockage thermique (par exemple via des sels fondus), ce qui peut prolonger la production après le coucher du soleil. En contrepartie, les projets sont plus complexes et peuvent présenter des besoins spécifiques (notamment en emprise et, selon les choix techniques, en eau).
Comment savoir si une « centrale solaire » est PV ou CSP ? Trois indices simples : (1) la présence de “MWc” (mégawatts crête) renvoie presque toujours au PV ; (2) la mention de stockage thermique oriente vers le CSP ; (3) des termes comme “panneaux” et “onduleurs” suggèrent le PV, tandis que “miroirs”, “tour”, “capteurs paraboliques” suggèrent le CSP.
NOOR Atlas : pourquoi un programme multi-sites et à quoi sert-il ?
NOOR Atlas est souvent présenté comme un programme photovoltaïque « multi-sites ». L’idée est de construire plusieurs centrales de puissance moyenne, réparties sur différentes zones du pays, plutôt qu’un seul méga-complexe. Ce choix répond à des contraintes très concrètes : réseau électrique, délais, résilience et proximité de la demande.
Pourquoi développer plusieurs centrales moyennes plutôt qu’un méga-site ?
Le multi-sites n’est pas qu’une option d’aménagement : c’est un outil de pilotage énergétique. En pratique, il apporte plusieurs avantages :
- Réduire le risque “tout sur un site” : un aléa foncier, environnemental ou de raccordement sur un site ne bloque pas tout le programme.
- Mieux coller à la capacité du réseau : certaines régions peuvent accueillir plus vite une centrale de 20 à 80 MW qu’un site de plusieurs centaines de MW nécessitant des renforcements lourds.
- Rapprocher la production des zones de consommation : moins d’électricité à faire transiter sur de longues distances peut limiter certaines congestions et pertes (même si, dans les faits, le réseau reste interconnecté et la question se joue au niveau des postes et des lignes).
- Industrialiser et accélérer : des centrales PV standardisées se conçoivent et se construisent plus vite, avec des lots reproductibles.
- Faciliter l’acceptabilité locale : l’empreinte et les travaux sont plus modulables, même si chaque site doit gérer ses enjeux (usage des sols, biodiversité, poussières, etc.).
Autrement dit, NOOR Atlas s’inscrit dans une logique de “portefeuille” : plusieurs projets, plusieurs calendriers, plusieurs raccordements, mais un même cadre de programme. C’est cette mécanique qui aide à comprendre pourquoi des entreprises peuvent « remporter » un lot de plusieurs centrales au sein d’un même ensemble.
Comment ces projets s’intègrent au mix électrique et aux objectifs renouvelables du Maroc
Le Maroc s’est fixé des objectifs ambitieux de part des énergies renouvelables dans la capacité électrique installée à horizon 2030, généralement cités autour de 52% selon les communications institutionnelles. Le solaire, avec l’éolien et l’hydraulique, fait partie du socle de cette trajectoire.
Dans le mix, le photovoltaïque joue un rôle très spécifique : produire fortement en journée, avec un pic autour de midi, ce qui peut réduire l’appel à des centrales fossiles importatrices de combustible et aider à sécuriser l’approvisionnement quand la demande diurne est élevée. Mais il ne remplace pas, à lui seul, les moyens “pilotables” (capables de monter/descendre à la demande) : c’est là que le réseau, la flexibilité, le stockage et la complémentarité des filières deviennent déterminants.
Repères sur la stratégie et les programmes d’énergies renouvelables : consulter les informations institutionnelles de Ministère de la Transition Énergétique et du Développement Durable .
Qui fait quoi ? MASEN, ONEE, ministère : les rôles à connaître
Beaucoup d’articles mélangent les responsabilités, alors qu’un projet solaire est une chaîne de rôles : pilotage, achat d’électricité, raccordement, construction, exploitation. Comprendre NOOR Atlas, c’est savoir distinguer trois acteurs publics majeurs, puis la “chaîne industrielle” qui vient ensuite.
MASEN, ONEE, ministère : pilotage, acheteur, raccordement
Sans entrer dans le détail de chaque montage contractuel (qui peut varier), on peut retenir une répartition simple :
- Le ministère fixe le cap : politiques publiques, cadre réglementaire, objectifs nationaux (renouvelables, efficacité énergétique, etc.).
- MASEN (Agence marocaine pour l’énergie durable) intervient comme agence de développement et de pilotage de projets renouvelables : structuration, coordination, appels d’offres, exigences techniques et environnementales, suivi des engagements selon les programmes.
- ONEE (Office National de l’Électricité et de l’Eau potable) joue un rôle central côté système électrique : réseau, postes, lignes d’évacuation, intégration au système, et selon les cas acheteur d’électricité ou partie prenante des schémas d’évacuation.
Pour situer le mandat et les projets portés : site officiel de MASEN .
Pour le rôle réseau et système électrique : site officiel de l’ONEE .
Développeurs, EPC, fournisseurs, exploitants : la chaîne de valeur d’une centrale PV
Un projet NOOR Atlas mobilise ensuite des acteurs privés, souvent sélectionnés par appels d’offres :
- Développeur / porteur de projet (selon le montage) : structure le projet, pilote les interfaces, porte parfois le financement et l’exploitation.
- EPC (Engineering, Procurement and Construction) : conçoit, achète les équipements, construit, puis réalise les essais. Dans certains contrats, l’EPC peut aussi assurer une période de maintenance ou un engagement de performance.
- Fournisseurs d’équipements : modules photovoltaïques, onduleurs, structures, câbles, transformateurs, systèmes de supervision, etc.
- O&M (Operations & Maintenance) : exploitation et maintenance sur la durée (préventif, curatif, nettoyage, disponibilité, pièces de rechange).
Cette distinction explique pourquoi “remporter une centrale” ne signifie pas forcément “vendre de l’électricité” : on peut gagner un contrat de construction (EPC) sans être producteur sur le long terme. À l’inverse, certains acteurs cumulent plusieurs rôles.
Comment naît une centrale NOOR Atlas : étapes concrètes, du dossier à la mise en service
La pédagogie la plus utile consiste à suivre le cycle de vie d’une centrale photovoltaïque. C’est aussi ce qui permet de lire correctement une annonce d’attribution (comme celle d’un constructeur) sans surinterpréter ce qui n’est pas encore public : prix, productible exact, modalités de vente, etc.
Le parcours type d’un projet (appels d’offres, études, construction)
- 1) Cadrage et appel d’offres : définition du site (ou des sites), de la puissance visée, des exigences techniques, des conditions de raccordement et des critères environnementaux ; lancement de la compétition.
- 2) Attribution : sélection d’un titulaire (ou de plusieurs) pour un lot. Selon le périmètre, il peut s’agir d’un lot EPC, d’un schéma “clé en main”, ou d’un développement plus intégré incluant exploitation (O&M) sur une durée donnée.
- 3) Études et autorisations : études techniques (sol, vent, hydrologie locale, productible), levés topo, conception électrique, et études environnementales et sociales. L’EIES (Étude d’Impact Environnemental et Social) formalise les impacts potentiels et les mesures d’atténuation.
- 4) Foncier et accès : sécurisation du terrain, accès chantier, gestion des servitudes (lignes, pistes), concertation locale.
- 5) Raccordement : conception et réalisation du poste électrique et de la ligne d’évacuation, coordination avec le gestionnaire de réseau, essais de conformité réseau.
- 6) Construction et mise en service : montage des structures, pose des modules, onduleurs, câblage, SCADA ; essais à vide puis sous charge ; réception provisoire, puis période de garantie.
- 7) Exploitation : maintenance, nettoyage, surveillance, contrôle de performance, gestion de la végétation, sécurité, et préparation de la fin de vie.
Le raccordement est souvent le goulot d’étranglement réel : une centrale PV peut être “finie” sur site, mais rester limitée tant que le poste ou la ligne d’évacuation n’est pas opérationnel, ou tant que le réseau local ne peut pas accepter la puissance injectée à certaines heures.
Ce que signifie un contrat EPC (et ce qu’il garantit)
Un contrat EPC regroupe typiquement trois engagements : ingénierie (E), achats (P) et construction (C). Pour le maître d’ouvrage, l’intérêt est d’avoir un interlocuteur responsable de livrer une centrale conforme, dans un délai et un budget contractualisés.
Dans un EPC photovoltaïque, on retrouve souvent : des pénalités de retard, des garanties de performance (par exemple un ratio de performance, ou un niveau de disponibilité), et une responsabilité sur la qualité des composants installés. Mais l’EPC ne contrôle pas tout : l’irradiation réelle, les événements climatiques exceptionnels, ou des contraintes réseau externes peuvent influencer la production effectivement injectée.
À retenir : EPC = “livrer l’outil industriel”. La vente d’électricité et la rentabilité relèvent ensuite du montage global (PPA, tarif, durée, financement), qui n’est pas toujours détaillé dans une annonce de constructeur.
Cas pratique : “Eiffage décroche quatre centrales” — ce que l’info dit vraiment
Une annonce récente indique qu’Eiffage Énergie Systèmes doit concevoir, construire et assurer la maintenance pendant plusieurs années de quatre centrales photovoltaïques totalisant 225 MWc, dans le cadre de NOOR Atlas, avec un démarrage des travaux annoncé au premier trimestre 2026 et une mise en service visée mi-2027. Ce cas est utile, non pas pour faire de l’actualité “entreprise”, mais pour comprendre comment fonctionne un programme multi-sites.
Ce que l’on peut déduire (sans extrapoler)
- Il s’agit de photovoltaïque : l’unité “MWc” (mégawatts crête) est un indicateur typique du PV.
- “Quatre centrales” illustre le multi-sites : au lieu d’un seul parc de 225 MWc, on a plusieurs unités, potentiellement sur des emplacements distincts, avec des postes et des lignes d’évacuation à coordonner.
- Le périmètre ressemble à un lot EPC + O&M : conception/construction, puis maintenance sur une durée donnée. Cela signifie un engagement sur la disponibilité et la performance opérationnelle, au-delà de la simple livraison.
- Le calendrier (2026–2027) rappelle un point clé : même en PV, les délais incluent études, interfaces réseau, logistique, essais et réception.
Ce que cela ne dit pas encore (et pourquoi c’est normal)
Même avec une puissance annoncée, plusieurs éléments restent généralement inconnus ou non confirmés dans une annonce courte :
- La production annuelle exacte : elle dépend de l’irradiation locale, de l’orientation (suiveurs ou non), du taux de pertes (poussière, température, câbles), et des éventuelles limitations réseau (écrêtement).
- Le prix de vente ou le schéma contractuel complet (PPA, durée, indexation) : ces données relèvent du montage de programme et ne sont pas toujours publiques au même niveau de détail.
- Les contraintes de raccordement site par site : poste, tension, capacité d’accueil, délais de travaux réseau.
- Les mesures environnementales détaillées : elles sont documentées dans les EIES et les plans de gestion, mais ne tiennent pas en quelques lignes d’actualité.
Lire correctement l’info consiste donc à la replacer dans la mécanique NOOR Atlas : un programme de centrales PV, standardisées, déployées par lots, où la performance finale dépend autant du réseau et de l’exploitation que des panneaux eux-mêmes.
Impacts attendus : bénéfices concrets et points de vigilance (réseau, intermittence, environnement)
NOOR Atlas et, plus largement, le solaire PV multi-sites, ont des bénéfices immédiats pour un pays importateur d’énergie. Mais ces projets posent aussi des questions techniques et environnementales qui méritent mieux qu’une phrase sur la “réduction de CO₂”.
Bénéfices : énergie locale, réduction d’importations, emplois, CO₂
Les bénéfices les plus robustes, observables dans la plupart des projets PV, sont :
- Produire localement une part de l’électricité : à chaque MWh solaire produit, on réduit une part de production fossile (ou d’importations d’énergie), toutes choses égales par ailleurs.
- Stabiliser une partie des coûts à long terme : une centrale PV a un “carburant” gratuit (le soleil). Une fois l’investissement réalisé, les coûts d’exploitation sont relativement prévisibles.
- Créer de l’activité pendant la construction : génie civil, montage, câblage, logistique, sécurité, transport. L’exploitation mobilise moins de main-d’œuvre, mais sur une durée longue (maintenance, supervision, nettoyage).
- Réduire les émissions de CO₂ du système électrique, surtout si la production remplace des moyens thermiques.
Ordre de grandeur utile : la puissance (MWc) n’est pas l’énergie (MWh). Pour estimer la production annuelle, on utilise un facteur de charge (ou “taux d’utilisation”). En PV, selon les sites et les choix techniques, un ordre de grandeur peut se situer autour de 18% à 25%.
Exemple prudent (purement indicatif) : 225 MWc × 8 760 h/an × 0,20 ≈ 394 000 MWh/an (soit ~394 GWh/an). Cette estimation varie selon l’irradiation, les pertes (température, poussière), et les contraintes d’écrêtement. Pour convertir en “foyers”, il faut aussi choisir une consommation moyenne annuelle (qui varie fortement selon les usages) : ce type d’équivalence doit donc être utilisé avec prudence.
Vigilances : intermittence, besoin réseau, flexibilité et curtailment (écrêtement)
Le photovoltaïque produit quand il y a du soleil, pas quand on le souhaite. Cette intermittence est gérable, mais elle impose des solutions système :
- Flexibilité : capacité d’autres moyens (hydraulique, gaz, import/export, effacement) à compenser les variations de production PV.
- Stockage : batteries (intra-journalier), STEP/hydraulique (selon sites), ou couplages plus complexes. Le stockage n’est pas “automatique” dans un projet PV : il dépend du cahier des charges et du modèle économique.
- Réseau : renforcement des postes, des lignes, et pilotage plus fin (prévisions, dispatching).
- Curtailment (écrêtement) : réduction forcée de la puissance injectée quand le réseau ne peut pas absorber, ou quand l’équilibre offre/demande l’exige. C’est un risque économique si le projet n’est pas correctement intégré.
C’est pourquoi le raccordement et la planification réseau ne sont pas un détail : ce sont des conditions de réussite. Une stratégie multi-sites peut aider, mais elle ne supprime pas la nécessité d’investir dans l’infrastructure électrique.
Environnement : sols, biodiversité, poussières, eau, fin de vie des panneaux
Le PV a une empreinte environnementale différente d’une centrale fossile, mais il n’est pas “sans impact”. Les points typiques traités dans une EIES incluent :
- Occupation du sol et fragmentation d’habitats : choix d’implantation, corridors écologiques, clôtures, périodes de chantier, restauration de zones.
- Poussières et circulation : terrassements, pistes, camions ; besoin de plan de gestion (arrosage raisonné, limitation vitesse, entretien voies).
- Eau : le PV consomme peu d’eau en exploitation, mais le nettoyage des panneaux et la gestion de poussières peuvent nécessiter des volumes non nuls, à optimiser selon les contextes locaux.
- Gestion des déchets : emballages, câbles, huiles de transformateurs, et en fin de vie, modules et onduleurs.
- Fin de vie : démantèlement, traçabilité, recyclage. Le point clé est d’anticiper contractuellement et logistiquement la reprise et le traitement, plutôt que de le découvrir au bout de 25–30 ans.
Pour comprendre la logique des EIES et des mesures d’atténuation sur des projets NOOR : pages projets MASEN .
FAQ : les questions que tout le monde se pose sur NOOR Atlas
NOOR Atlas, NOOR PV II et NOOR Ouarzazate : quelles différences ?
NOOR Ouarzazate renvoie surtout au complexe historique, marqué par du CSP (et du stockage thermique selon les tranches). NOOR Atlas renvoie à une logique multi-sites principalement photovoltaïque. “NOOR PV II” ou “phase 1” désignent des tranches du programme PV (périmètre, puissance et calendrier), pas un site unique.
Une “centrale solaire” au Maroc : PV ou CSP, comment le savoir vite ?
Regardez l’unité et les mots-clés : “MWc” et “panneaux/onduleurs” indiquent du PV ; “stockage thermique”, “miroirs”, “tour”, “paraboliques” indiquent du CSP. Si l’article parle de production après le coucher du soleil grâce au stockage, c’est souvent du CSP (ou un PV couplé batteries, si cela est explicitement mentionné).
Pourquoi MASEN pilote certains projets, et quel est le rôle de l’ONEE ?
MASEN structure et pilote des programmes renouvelables (appels d’offres, exigences, suivi). L’ONEE est l’acteur clé du système électrique et du réseau : raccordement, évacuation, intégration au dispatching, et souvent acheteur/partie au schéma d’injection selon les montages.
Qu’est-ce qu’un contrat EPC ?
EPC signifie Engineering, Procurement and Construction : conception, achats, construction. C’est un contrat “clé en main” où le titulaire s’engage sur la livraison de l’ouvrage, ses performances contractuelles et les délais, avec un régime de garanties et pénalités.
Comment estimer la production annuelle d’une centrale PV ?
On part de la puissance (MWc), on multiplie par 8 760 heures, puis par un facteur de charge (ordre de grandeur 18% à 25% selon site/technologie), puis on retranche les pertes (température, poussières, indisponibilités) et on tient compte d’un éventuel écrêtement réseau.
Pourquoi le raccordement est-il souvent le vrai goulot d’étranglement ?
Parce qu’une centrale PV injecte beaucoup de puissance sur une fenêtre courte (journée), ce qui peut saturer un poste ou une ligne localement. Sans renforcement, la centrale peut être limitée (curtailment) ou retardée. Le raccordement est donc une partie “système”, avec des délais et des interfaces multiples.
Le solaire NOOR permet-il d’alimenter le pays la nuit ?
Le PV seul ne produit pas la nuit. La continuité nocturne se gère via un mix : CSP avec stockage thermique (si présent), batteries (si intégrées), hydraulique, centrales pilotables, import/export, et pilotage de la demande. NOOR Atlas, étant majoritairement PV, contribue surtout à la production diurne.
À retenir : le résumé actionnable pour comprendre NOOR Atlas
- NOOR n’est pas un seul projet : c’est une famille de programmes solaires au Maroc, avec des technologies et des phases différentes.
- NOOR Ouarzazate est historiquement associé au CSP (avec stockage thermique possible), tandis que NOOR Atlas s’inscrit surtout dans du photovoltaïque multi-sites.
- Le multi-sites sert à accélérer, réduire les risques et mieux s’intégrer au réseau, mais il ne supprime pas les contraintes de raccordement.
- MASEN pilote la structuration de programmes renouvelables ; l’ONEE est central pour le réseau, l’évacuation et l’intégration système.
- “Remporter une centrale” peut signifier gagner un lot EPC (construction) et parfois O&M, sans que cela révèle forcément le prix de l’électricité ou le montage complet.
- Les gains attendus sont réels (production locale, moins d’importations, CO₂, emplois chantier), mais les vigilances sont tout aussi déterminantes (intermittence, flexibilité, curtailment, environnement, fin de vie).
